La Commission européenne, le Parlement et le Conseil de l'UE ont décidé de bannir les photos, illustrations et vidéos générées par intelligence artificielle de leurs communications officielles. L'idée : montrer l'exemple face à la multiplication des deepfakes.
Pas d'images IA dans la com' de Bruxelles
La décision a été annoncée le 2 avril et concerne les trois grandes institutions européennes. Concrètement, les équipes de communication n'ont plus le droit d'utiliser des visuels entièrement créés par IA dans leurs publications. Les photos générées, les illustrations synthétiques et les vidéos fabriquées de toutes pièces sont concernées. Par contre, les outils d'aide à la rédaction comme la traduction ou la synthèse de texte restent autorisés, à condition qu'un humain garde le contrôle. Et si un visuel IA est quand même utilisé, il doit être clairement identifié comme tel.
Oui, mais la retouche ?
Sauf que la frontière n'est pas toujours évidente à identifier. Les photos retouchées par IA, les fonds remplacés par algorithme ou les corrections de couleur automatiques ne sont pas formellement interdites. La différence entre une photo "authentique assistée par IA" et un visuel entièrement généré est difficile à identifier, et c'est un point qui fait débat en interne. Certains experts en communication des institutions estiment que la mesure est trop rigide, sachant que les équipes produisent des milliers de contenus chaque année dans 24 langues.
Et puis il y a les chiffres : en France, neuf personnes sur dix ont du mal à repérer les fausses informations. L'UE veut donc appliquer à elle-même les règles qu'elle impose aux autres via l'AI Act, adopté en 2024. Les obligations de transparence de ce règlement entreront en application le 2 août 2026.
On en dit quoi ?
C'est une décision qui a le mérite d'être cohérente. L'UE ne peut pas demander aux entreprises tech de signaler leurs contenus IA tout en utilisant elle-même des visuels générés sans le dire. Bon maintenant, ça reste surtout un geste très politique, parce que le vrai problème des deepfakes, c'est sur les réseaux sociaux qu'il se joue, pas dans les communiqués de presse de Bruxelles que personne ne lit.